Le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie continue d’imprimer au régime de transition en place des valeurs sûres supposées ramener la confiance, la rigueur et la transparence dans la gestion des affaires publiques.
On se souvient, il y a quelques semaines, des inspecteurs de finances et inspecteurs d’Etat ont été soumis à une épreuve de prestation de serment avant leur prise de service. Le mercredi 21 juillet, c’était au tour de sept nouveaux autres inspecteurs de finances, nommés le 4 juin dernier par décret du Président du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie, le Général des Corps d’Armée Djibo Salou, de subir le même rituel. Comme les précédentes, cette cérémonie de prestation de serment s’est déroulée à la Cour d’Etat sous la présidence du président de ladite institution judiciaire M. Oumarou Yayé, en présence du Secrétaire Général du Ministère de l’Economie et de Finances M. Ibrahim Garba et de plusieurs cadres de ce ministère. Les nouveaux inspecteurs ont juré et promis d’exercer leurs «attributions avec objectivité et probité, de respecter les règles de la profession, et d’observer même après cessation de leurs fonctions la discrétion professionnelle la plus stricte». Retenez que les pouvoirs de vérification des inspecteurs de finances s’étendent sur les services centraux extérieurs et annexes du ministère de l’Economie et des Finances ; les comptables publiques et les régisseurs des recettes ou d’avance, qu’ils relèvent ou non du ministère de l’Economie et des Finances ; les comptabilités administratives et les ordonnateurs ; les entreprises nationales, qu’elles aient ou non le caractère d’établissement public ; les sociétés ou groupements d’intérêts économiques dans lesquels l’Etat détient plus de 50% du capital ; les groupements ou organismes professionnels ou interprofessionnels, notamment à caractère économique autorisés à percevoir des taxes, redevances, ou cotisations à caractère obligatoire ;les organismes ou entreprises de toute nature bénéficiaires du concours financier de l’Etat sous une forme quelconque, notamment sous forme de participation au capital, de subvention, de prêt, d’avance ou de garantie ; mais aussi dans les secteurs sur lesquels s’exercent les contrôles et vérifications de l’inspecteur d’Etat, et d’autres organes de contrôle. Après avoir étalé les pouvoirs dévolus à l’ensemble de ces inspecteurs de finances, Mme le Procureur Général près la Cour d’Etat a tenu à leur rappeler que la mission pour laquelle ils ont été désignés vise à contribuer à une gestion saine et efficace des deniers publics. Se collant au contexte actuel de la vie sociopolitique et économique du Niger, elle les a tous exhorté à intervenir partout où les fonds publics sont engagés en mettant en avant des méthodes de travail qui se résument sur trois aspects à savoir : la rigueur dans les constats, les enquêtes sur place et le respect de principe du contradictoire. Le président de la Cour d’Etat devait pour sa part rappeler à ces inspecteurs assermentés que l’article 40 du Code de Procédures Pénales leur fait obligation de révéler au Procureur de la République les faits susceptibles de qualification pénale dont ils ont connaissance dans l’exercice de leur fonction. C’est ainsi qu’il pourra en vertu de l’autorité de poursuite dont il est investi, exercer une action publique pour mettre l’Etat dans ses droits. Il ne peut en aucune manière s’acquitter de ce devoir tant qu’il n’est pas informé des faits susceptibles de qualification pénale, a précisé le président de la cour d’Etat. C’est dire que l’inspecteur de finances partout où il se trouve est tenu de collaborer conformément aux dispositions de l’article 40 du Code de Procédures Pénales pour aviser le Procureur de la République des infractions qu’il aura constaté dans l’exercice de ses fonctions
dimanche 25 juillet 2010