Les formations politiques nigériennes
A l'heure des recompositions et des alliances

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Depuis la mise en place de la Commission Electorale Nationale Indépendante, les choses étaient devenues claires sur les bonnes intentions du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) à passer le témoin à l'issue de la transition. Certes pour l'instant pas de grands déchirements entre les différents protagonistes de l'échiquier politique national, sinon que même si confrontation il y a, elle continue à se faire sans grande intensité comparativement au " tazartché ", par médias interposés. C'est surtout la presse écrite qui se donne gratuitement en spectacle pour le bonheur ou le malheur de la classe politique.
Sur le terrain, pour les acteurs politiques, l'heure est au rappel des troupes.


Le MODEN/Lumana, une équation à plusieurs inconnues
Même le Mouvement Démocratique Nigérien (MODEN/Lumana) de Hama Amadou, né de la longue crise qui a secoué le Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD Nassara) bâti avec les briques de la rancœur contre Seini Oumarou et partisans, semble avoir tourné la page de la haine pour celle de la mobilisation. Hama Amadou, président virtuel du MODEN/Lumana était d'abord à Tillabéri, puis à Maradi, les deux grands fiefs de son ancien MNSD, et Goudel, un quartier très " mnsdéisé " de la Communauté Urbaine de Niamey, histoire de jauger son appel à rejoindre le Lumana, appel exprimé au lendemain de sa défaite juridique dans le différend qui l'a opposé à Seini Oumarou pour le contrôle du Nassara.

Le congrès du MODEN/Lumana serait fixé pour le 10 juillet prochain. En prélude à ce grand événement, on assistera probablement dans les prochaines heures à un regain de cacophonie tant les partisans de Hama Amadou sont passés maîtres dans l'art de tapages politiques. Ce serait très certainement le 1er test de vérité pour le parti au symbole de cheval ailé qui peut assister à ses premiers déchirements internes, histoire pour les différents leaders régionaux de Lumana de chercher chacun une place dans le pré carré de Hama Amadou.

A Tahoua, Sala Habi a très vite fait de placer ses pions, samedi dernier, lors d'une Assemblée Générale de Lumana/Ader. De même qu'à Diffa, Hamed Hameda a pris le contrôle de l'appareil Lumana du Manga. Qui seront les prochains patrons Lumana à Zinder, Maradi, Niamey, Tillabéri, Agadez et Dosso ? Les grosses batailles sont surtout attendues à Tillabéri, Niamey et Dosso.
A Maradi si la métamorphose politique de Mamane Issa se confirme, il prendra la direction du Lumana dans le Gobir-Katsina. A Zinder et à Agadez, pour l'heure, on ne sent pas de grande tendance à la " lumanisation " du MNSD sinon que le très effacé président de la section Nasssara de l'Aïr Elhadji Dan Kandé a rejoint Hama Amadou sur son cheval ailé.
Hama Amadou, futur Président de la République, c'est peu probable mais pas impossible. En tous cas sur papier, on ne peut pas pronostiquer Hama Amadou au second tour. Le Lumana reste à l'état actuel une équation à plusieurs inconnues.

L'ANDP Zaman Lahiya, entre défections et raccommodages
Revenons au chapitre des congrès. C'est l'Alliance Nigérienne pour la Démocratie et le Progrès (ANDP Zaman Lahiya) de feu Adamou Moumouni Djermakoye qui a ouvert le bal avec pour enjeu la succession du Père Fondateur ( le même Adamou Moumouni) disparu le 14 juin 2009 lors d'une manifestation du Front de Défense de la Démocratie (FDD). Ce sera le frère à la place du frère, le colonel à la retraite pour le colonel à la retraite. Moussa Moumouni Djermakoye, le nouveau porte flambeau de l'ANDP issu des urnes lors du congrès du 16 juin dernier pourra-t-il faire l'unanimité au sein du parti comme son frère le feu Adamou Moumouni Djermakoye. Ce n'est pas sûr car lors de la cérémonie d'ouverture du congrès de l'Union pour la Démocratie et la République (UDR Tabatt) tenu le samedi 3 juillet dernier au Palais des Congrès, Amadou Nouhou, l'un des trois challengers à la tête de l'ANDP était assis loin, très loin du Colonel à la retraite Moussa Moumouni Djermakoye.

Fait du hasard ou signe avant coureur d'une rupture qui se dessine à l'horizon, les prochains jours nous édifieront. Et ils nous édifieront car dans leur déclaration du mardi 8 juillet 2010, Amadou Nouhou et son groupe sont partis de Zaman Lahiya. Cela n'empêche, on entend ça et là qu'un vent nouveau trèsfrais soufflerait en direction de l'ANDP. A la périphérie de la Commune 5 de Niamey, Moussa Moumouni Djermakoye aurait réussi une très belle prise politique. L'indépendant pro Hamiste, Boubé Gaissibo, ancien député MNSD, très populaire dans la commune rurale de Bitinkodji serait sur le point de prendre sa carte Zaman Lahiya, s'il ne l'a pas déjà fait. Selon certaines supputations, le parti de la paix risque fort de mettre le MNSD Nassara et le MODEN Lumana en difficulté à Harobanda et alentours. Wait and see.
Sur le registre des présidentielles, notons que pour l'ANDP, l'heure n'est pas encore à l'investiture aux présidentielles mais au raccommodage après la crise née de la succession.

Le candidat de l'UDR Tabbat, l'alternative en cas des cas
Pour les présidentielles de 2011, l'histoire retiendra que c'est Amadou Boubacar Cissé (ABC) qui est le premier officiellement investi. C'est dans un Palais de Congrès archicomble que ABC a été célébré le 3 juillet 2010 lors du congrès extraordinaire de l'UDR Tabbat. Vraisemblablement, le parti d'ABC ne compte pas faire de la figuration lors des prochaines consultations électorales au regard des moyens investis. Pour certains analystes, l'UDR sera la surprise de 2011. Jusque là considéré comme une formation politique de petite envergure, Tabbatt peut désormais se prévaloir de donner des frissons aux grandes formations en vue. Avec l'adhésion de l'ancien président du Groupe Parlementaire MNSD et apparentés, Maître Cissé de Say et de plusieurs autres et la présence de fortes personnalités comme l'ancien Directeur Général de l'Hôpital National de Niamey, Sabbou Abdoulaye, Cissé peut anticiper sa rentrée dans la cour des grands, sur papier bien entendu. Aussi sa participation au dialogue inter nigérien sous l'ère " tazartché " au cours duquel il a conduit la délégation de la Coordination des Forces pour la Démocratie et la République (CFDR) a forgé la personnalité de l'homme. Les Nigériens découvrent un autre Cissé, tout le contraire de celui-là même qui a été jeté en pâtures par la majorité MNSD- PNDS au début de la cohabitation chaotique de 1995 sous la 3ème République. C'est un homme calme, pondéré qui est apparu sur les écrans des télévisions durant toute la phase des négociations avortées. Un autre Cissé est-il possible, c'est-à-dire unABC Président de la République en 2011 ? On dit que c'est une alternative crédible en cas de cas, ceci pour dire en cas d'ennuis pour les autres.

Le PNDS, théoriquement victorieux
Que dire du PNDS Tarayya, de la CDS Rahama, du MNSD Nassara, du RSD Gaskiya et du RDP Jama'a ?
Le Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS Tarayya) croit plus que jamais que son heure a sonné. Issoufou Mahamadou alias Zaki sera investi, cette fois pas pour briller à l'opposition mais pour gravir la première marche du podium. Au parti rose, on est persuadé du succès prochain de Zaki qu'on est prêt à toutes concessions pourvu que la transition finisse. D'ailleurs le numéro 2 de Tarayya, Bazoum Mohamed semble caresser, le CSRD et le Gouvernement, dans le sens des poils comme ce fut le cas avec le Tandja innocent peu avant l'annonce officielle du " tazartché ". Pourvu que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets. Sinon sur théoriquement, Zaki ne peut pas ne pas être le prochain Président de la République du Niger.

L'alliance CDS-MNSD, une vraie bombe électorale
A la Convention Démocratique et Sociale (CDS Rahama) et au Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD), les deux plus grands partis des premières heures du multipartisme, les choses ne semblent pas aussi bouger que cela. Tout de même, il se susurre de plus en plus un rapprochement entre Mahamane Ousmane et Seini Oumarou, une alliance qui peut faire mal sinon même changer le cours de l'histoire. Le leader du parti vert et l'ancien compagnon de Hama Amadou peuvent-ils seulement convaincre les réfractaires à cette dynamique ? La question reste entière.

Le RDP et le RSD appelés à jouer les IN Kallo (regardeurs)
Et le Rassemblement des Sociaux Démocrates (RSD Gaskiya) ? Et le Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP Jama'a) ? A moins d'un cataclysme politique, il n'y a aucun espoir pour ces deux là que de suivre la même direction que le prochain victorieux. A force de jouer au briscard, " l'homme du juste milieu ", aux positions ambiguës, Cheiffou Amadou semble avoir perdu son aura d'antan. Il l'a peut être compris d'où son absence sur le terrain politique. Quant au vieux Hamid Algabit, gagné par le poids de l'âge, 2011 sonnera très certainement la fin de sa carrière politique.

jeudi 8 juillet 2010

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